Projet initié par Roland Cubin, Nabila Bouzbid, Julio Dibwe Mupemba et Grégory Brion dans le cadre de l’Executive Master de l’École Polytechnique, puis poursuivi par Groupama Immobilier avec PCA-Stream et Egis.
Inhabit Nature, l’habitat autonome et léger au cœur des forêts
2025
Inhabit Nature est une initiative de recherche et de développement portée par Groupama Immobilier visant à explorer de nouvelles formes d’habitat autonome et d’urbanisme léger, capables d’être déployées sans infrastructure lourde ni artificialisation durable des sols.
Développé au cœur de forêts d’exploitation, le projet ne cherche pas à opposer la ville et la nature, mais à étoffer la boîte à outils des acteurs de la fabrique de la ville en développant des solutions concrètes, applicables et reproductibles. Ceci dans un contexte de trajectoire net zéro et de nécessaire adaptation aux contraintes climatiques, énergétiques et foncières à venir.
Inhabit Nature repose sur une conviction simple : certains contextes nécessiteront demain des formes d’habitat capables de fonctionner de manière autonome, sans grands travaux d’aménagement ni dépendance aux infrastructures conventionnelles. L’enjeu n’est pas de remplacer les modèles urbains existants, mais d’explorer de nouvelles capacités d’adaptation des territoires lorsque les approches traditionnelles deviennent trop lourdes, trop artificialisantes ou inadaptées.
Le projet combine autonomie énergétique, gestion locale de l’eau et des ressources, matériaux biosourcés et outils numériques de pilotage environnemental afin de concevoir des habitats capables de maintenir un haut niveau de confort, de sécurité et de connectivité tout en réduisant fortement leur impact environnemental.
Conçus comme des modules autonomes, démontables et déployables sans aménagement lourd, ces habitats permettent d’explorer une nouvelle approche de l’urbanisme léger limitant durablement l’impact sur les sols et les écosystèmes.
Les enseignements issus de cette expérimentation pourraient demain trouver des applications dans des contextes variés : territoires isolés, friches, urbanisme transitoire ou tactique, les applications sont variées.
Plus qu’un projet immobilier, Inhabit Nature constitue un terrain d’expérimentation opérationnel destiné à explorer de nouvelles formes d’habitat, de résilience territoriale et d’adaptation des infrastructures au XXIe siècle.
Le rôle moteur de Groupama Immobilier
En initiant Inhabit Nature, Groupama Immobilier affirme son rôle de prescripteur d’innovation dans l’immobilier et l’urbanisme. L’entreprise explore de nouveaux modèles qui permettent à la fois de préserver le patrimoine forestier, de stimuler les territoires et d’ouvrir la voie à des formes d’habitat durables, adaptées aux enjeux du XXIᵉ siècle.
Le projet s’appuie sur une logique d’expérimentation opérationnelle visant à tester des solutions concrètes, applicables et reproductibles, capables de limiter l’artificialisation des sols et la dépendance aux infrastructures lourdes.
Pour éprouver cette approche, Groupama Immobilier mobilise son patrimoine forestier, ses capacités de recherche et développement ainsi qu’un écosystème de partenaires réunissant architectes, ingénieristes et spécialistes de l’environnement, parmi lesquels PCA-Stream, Egis et la Société Forestière.
La prochaine étape consistera à expérimenter le concept dans une forêt pilote afin d’évaluer sa capacité à maintenir un haut niveau d’autonomie et de confort tout en vérifiant sa compatibilité avec les enjeux de régénération des écosystèmes, de sécurité incendie et de cadre réglementaire.
3 questions à Roland Cubin, directeur général délégué Groupama Immobilier
Qu’est-ce qui distingue “Habiter la nature” des projets d’écotourisme ou d’habitat alternatif classiques ?
Inhabit Nature ne vise pas seulement à proposer une expérience ponctuelle de séjour en nature, ni à développer un habitat alternatif réservé à quelques usages marginaux. Le projet cherche à structurer un modèle d’habitat permanent, léger et duplicable, capable d’être déployé sans infrastructure lourde ni artificialisation durable des sols.
Sa différence tient à son niveau d’ambition : il ne s’agit pas seulement d’habiter autrement, mais de tester une nouvelle forme d’urbanisme léger, conciliant confort, connectivité, autonomie complète, sécurité, biodiversité et viabilité économique.
La forêt d’exploitation constitue le premier terrain d’expérimentation de ce modèle. Elle permet de vérifier, en conditions réelles, si cette forme d’habitat peut répondre à des usages variés — une véritable bascule de l’écotourisme à l’ecoliving — tout en ouvrant des applications plus larges pour les territoires isolés, les friches, les situations transitoires ou les contextes où l’aménagement classique devient trop lourd ou trop artificialisant.
Comment concevoir une nouvelle manière d’habiter tout en restant adaptés aux contraintes de sécurité et de réglementation ?
Des questions essentielles restent ouvertes : ces habitats peuvent-ils contribuer positivement à la régénération de leur environnement ? Quelle est leur compatibilité réelle avec les exigences de sécurité incendie en forêt ? Comment s’intègrent-ils dans les cadres réglementaires actuels, et dans quels cas ceux-ci devront-ils évoluer ?
Ce questionnement est au cœur de la démarche. L’objectif n’est pas de déployer rapidement un modèle figé, mais d’éprouver, en conditions réelles, une forme d’habitat autonome et d’urbanisme léger capable de répondre à des exigences élevées de sécurité, de confort et de soutenabilité environnementale.
Les implantations qui ne démontreraient pas de manière assurée leur caractère bio-régénératif ne seront pas déployées. Inhabit Nature repose sur une logique d’expérimentation exigeante et d’amélioration continue : le projet continuera à évoluer, s’adapter et pivoter jusqu’à identifier un modèle bio-régénératif, opérationnel et applicable à grande échelle.
Les enseignements issus de ces expérimentations pourraient demain trouver des applications bien au-delà du contexte forestier, partout où les modèles d’aménagement traditionnels deviennent trop lourds, trop artificialisants ou inadaptés.
Quel rôle joue la technologie dans l’autonomie des habitats proposés ?
La technologie est centrale, mais elle doit rester discrète dans l’expérience d’usage. Pendant longtemps, l’habitat autonome a été perçu comme une solution coûteuse, inconfortable ou techniquement limitée. Pourtant, les progrès réalisés ces dernières années dans les énergies renouvelables, le stockage, la gestion de l’eau et le pilotage numérique ont profondément changé la donne.
Nous n’avons sans doute pas encore suffisamment interrogé collectivement l’abaissement rapide des coûts de ces technologies, leur efficacité réelle et leur capacité à transformer notre manière d’habiter. Aujourd’hui, il devient possible de déployer des habitats autonomes capables d’offrir un niveau de confort, de sécurité et de connectivité comparable à celui des modèles conventionnels, sans dépendre d’infrastructures lourdes d’aménagement.
La principale limite actuelle de ces approches réside encore dans leur capacité à répondre à des niveaux de très forte densité urbaine, domaine dans lequel les grands réseaux centralisés conservent aujourd’hui une efficacité structurelle importante.
L’innovation n’est pas pensée comme une accumulation de complexité technique, mais comme un moyen de rendre cette autonomie réellement robuste, utilisable et compatible avec les usages contemporains.
Ce qu’il faut retenir
- Un habitat autonome et léger, déployable sans infrastructure lourde ni artificialisation durable des sols.
- Une nouvelle approche de l’urbanisme léger, conciliant autonomie, confort, connectivité, sécurité et préservation des écosystèmes.
- Un modèle conçu comme une expérimentation opérationnelle, visant à développer des solutions concrètes, applicables et reproductibles pour la fabrique de la ville.
- Des forêts d’exploitation utilisées comme terrain d’expérimentation pour tester de nouvelles formes d’habitat et de résilience territoriale, sans empiéter sur les milieux naturels sensibles.
- Un projet porté par Groupama Immobilier avec les expertises techniques de PCA-Stream, Egis et la Société forestière Groupama, associant recherche, ingénierie, architecture et gestion environnementale.
- Une réflexion sur l’autonomie rendue possible par les progrès des technologies renouvelables, du stockage et du pilotage numérique,
- Une ambition de déploiement à grande échelle, en France comme à l’international, au croisement de l’écologie, de l’innovation, de la résilience territoriale et des nouveaux modèles d’habitat.

